Quelques portraits
D’abord, est arrivé Julien, le sourire timide.
Est-ce parce qu’il était le premier à se risquer, les yeux rivés sur son dessin ?
Je commençai
à dessiner quelques traits, hésitants, la timidité est-elle contagieuse ?
Ou était-ce l’échauffement du premier portrait de la journée ?
Un peu comme la première crêpe qui est toujours un
peu ratée parce que la poêle n’est pas assez chaude.
J’allai en réaliser plus de 30. Pas des crêpes, des
portraits. Au salon du livre écrit par les jeunes. En moins de 10 minutes,
c’est toujours une prise de risque. Je n’ai pas le droit à l’erreur ? Et
pourtant, mes traits, parfois très imprécis, parfois trop impulsifs, n’étaient
qu’une continuelle succession d’erreurs.
Ensemble, elles se corrigeaient, elles s’annulaient
et ça finissait par ressembler à quelque chose que je ne maitrisais pas. C’est
ainsi qu’ils devenaient beaux.
Ressemblants ?
J’aurais voulu pour moi qu’ils soient juste esthétiques, avec une petite dose savante de contre-jour et de lumière, de flou et de net, de contrastes et de non-dits… mais à qui est destiné le portrait ?
J’aurais voulu pour moi qu’ils soient juste esthétiques, avec une petite dose savante de contre-jour et de lumière, de flou et de net, de contrastes et de non-dits… mais à qui est destiné le portrait ?
Il fallait donc qu’ils soient ressemblants.
Et si le sujet est
vraiment moche ?
Alors il faut que les portraits soient ressemblants, et esthétiques.
Alors il faut que les portraits soient ressemblants, et esthétiques.
Uto par PeB |
Puis vint Sami, avec des poses de futur PDG.
Camille, avec ses poses de star, Louis, gros nounours insouciant de son image.
Puis, il y a eu Uto, un accompagnateur, presque aussi
jeune que les gamins de son groupe, jeune homme ou ado, aux allures de Rimbaud,
avec dans les yeux affûtés comme des mines de graphite 2B, quelque chose comme
de bleu comme la passion.
Il se mit à dessiner devant moi. Tout. Des mondes,
des univers, comme un démiurge, il créait des personnages de Mangas, des
monstres , des héros qui me demandaient ce que je faisais là…
Pierre par Uto |
Une espèce de duel pacifique et chevaleresque.
Alors vient la grâce, l’instant magique, plus de doutes, plus de comparaisons
et d’attentes, seule l’action spontanée du geste et du dessin, et deux portraits qui surgissent du vide et
de la lumière.
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