Un
soir, je l'ai aperçue, et je l’ai reconnue. Jeanne, elle vient
d’ailleurs : Fille de couleur (et de Vaucouleurs), elle est métisse, beurette, amérindienne
ou asiatique, et orpheline peut-être, de ses parents, de son sang, de ses
racines, et de Dieu, dont on a perdu la trace depuis longtemps, dans des
quartiers désespérés où l'homme doute de tout et de lui-même.
Ce n'est pourtant pas un territoire
qu'elle se doit de libérer. Non, pas l'Europe, la France, pas même Orléans, ni
la cité Camille Flammarion. Son ennemi n'est pas le soldat Anglais, ou Irakien,
encore moins sa voisine immigrée du Burkina.
Le territoire à libérer est intérieur, spirituel, et Jeanne, comme un enfant qui se souvient du nom de son père retrouve sa voie et sa voix. Alors, libre de toutes peurs Elle combattra nue, et à pied, sans épée et sans casque, et ceux qui la croiseront quitteront leurs armures et les masques de leurs égos-tigres-de-papier, ou bien, craqueront l'allumette.
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