jeudi 11 avril 2013

gaugueule-translatorisation : Après la bataille


Vous connaissez probablement ce fameux poème de Victor Hugo (ah, souvenirs d’école… c’est loin, c’est loin)

Après la bataille
Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.
C'était un Espagnol de l'armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.
Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
" Donne-lui tout de même à boire ", dit mon père.


 Mais peut-être moins cette version parodique en argot de Yves Deniaud


Mon dabe, ce grand mec qu'avait la gueule en biais,
Suivi d'un seul troufion que cégnass' chouchoutait,
Arpentait sur un' bique, par un soir de bagarre
La cambrouss' plein' de pot's qu'en avaient pris un coup.
Il lui sembla soudain esgourder un bruit mou :
C'était un espanich' de l'armée en débine
Qui traînait des arpions et mouillait d'la terrine
En gueulant : "Du jus ! du jus ! J'ai la dalle en fer blanc !"
Mon daron s'retourna à caus' de c'te postiche,
Prit un kil de cass'-patt's qui pendait à ses miches
Et dit à son troufion planqué : "Rinc' la dalle au p'tit pote affligé !"
Tout à coup, comm' le gars s'débinait vers le mec,
Le frangin, une espèce de Bicot,
Argougna un soufflant, un' sort' de rigolo,
 Et visa mon pater en gueulant : "Gare au tas !"
Le boum fut si pépère Que l'bloum se débina
Et que l'canasson étala ses téterres.
"Fil' z'y quand mêm' du jus", surina mon pater.

Quand à cette version, C’est-y encore le grand acteur Yves Deniaud ou pas ? Ma mère l’a apprise en 43, semble-t-il donc avant la version du dessus !

Mon dab un drôle de dur qui s'marrait comme personne
Filoché par un gniard qu'il avait à la bonne
because qu'en avait deux pis qui s'posait là,
s'bagnaudait un soir qu'on avait r'mis ça,
sur le bled plein de maccabs,ou s'qu'il y avait pas de calbombe.
Tout comme y faisait gaffe, il esgourda dans l'ombre
Un biffin espagnol qu'avait pas mis les bouts,
qu'était tellement KO qu'y s’tenait plus d'bout
et qui gueulait chialant, à moitié claboté :
« Merde, y aura pas un gars qui m'filera un d'mi s'tier ? »
Du coup mon dab allonge à son maousse larbin
un vieux rab qui trainait d'une chapeautée d'rouquin :
« Tiens, file ça au mec qui la ramène »
Mais l'gars qu'était groggy mais qu'était pas andouille
argougnant un soufflant qui trainait dans ses fouilles,
aligne mon dab au blair en y gueulant « Acré! »
Mais l'dab était cornard car s'étant pas planqué;
L'pruneau alla s'gourer juste dans les courants d'air.
« File-z-y tout de même le picrate », dit le pater.




Pour terminer, voici du lifting un peu plus moderne puisque s’agit d‘utiliser Google translator et d’appliquer au texte original de multiples traductions en slavon ou serbo-croate, puis en Hindi ou en Tagalog et ainsi de suite, pour revenir une dernière fois au français : 

J’appelle ce concept la gaugueule-translatorisation, mais bien sur, ce procédé n'est pas nouveau!
Voici une proposition réalisée avec le chemin suivant





Français Latin Grec Français Espagnol Portugais Anglais Japonais Roumain français


Mon père, a un sourire très doux. De son héros
J'ai tout aimé et suivi par un seul cheval
Tout simplement parce que la valeur
dans la nuit du cheval de bataille
est obtenue de la tombée de la nuit.
Je pense avoir entendu un léger bruit
des troupes espagnoles en déroute
quand du Côté sanglant de la route, il vit,
un Essoufflement, réparti en colère, et plus de la moitié sont morts.
Elle a dit: «Chérie! Je vous remercie,» at-il dit,
Car Mon père était un fidèle de cavalerie avec une
Petite bouteille de rhum accroché à la selle
Il a dit: «Voici, blessé, donner à boire aux pauvres."
Tout à coup, la cavalerie légère
De l’Homme Moore se prosterne devant lui
Il a pris le pistolet à nouveau et saisi
Le bord. Et  maintenant de  pleurer devant mon père,
Chapeau ! quand il est tombé, le ballon est passé
Alors J'ai changé le cheval.
«Buvons à tous les événements », dit. le père

 A vous de jouer maintenant !



4 commentaires:

  1. Je me souviens d'une autre version qui débutait ainsi :
    Mon daron, mec balaise au coup d'kodak franco,
    Flanqué d'un pote du coin qu'il avait dans la peau,
    S'baguenaudait sur son gail, coiffé d'un bath bicorne,
    Parmi les maccabées, un beau soir de chicorne.

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    1. Oui, moi aussi, et j’aimerais avoir la suite…

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  2. j'ai souvenir de quelques vers façon Marseillaise que mon père m'avais raconté:
    le blessé disait:
    j'ai soif, je vais crever, j'ai le bide qui saute
    apportez moi du vin et vous buvez la flotte

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